Article extrêmement clair sur la situation actuelle du problème de l'eau contaminée à la centrale de Fukushima et enjeux d'avenir (vous avez dit avenir ?)
Akio Matsumura, ancien diplomate japonais, Gordon
Edwards, expert en physique nucléaire et Helen Caldicott, médecin
pédiatre, s’expriment dans un article publié sur le site
akiomatsumura.com sur les conséquences de la contamination radioactive
de l’eau à Fukushima.
Titre original :
Experts Explain Effects of Radioactive Water at Fukushima
Traduction française :
Fukushima-is-still-news
Introduction
Akio Matsumura
La contamination de l’eau pose un nouveau problème sur le
site de Fukushima. Tepco doit continuer à refroidir les barres de
combustible irradiées, mais n’a pas réussi à mettre en place un système
permanent et soutenable pour se débarrasser de l’eau hautement
radioactive produite par la procédure de refroidissement. Son système
peut certes filtrer une grande partie de la radioactivité de l’eau, mais
certains éléments comme le tritium, un agent cancérigène, ne peuvent
pas être extraits et la concentration dépasse largement les normes
légales. Tepco veut déverser l’eau dans l’Océan Pacifique afin de diluer
le tritium pour rendre le taux acceptable, mais les pêcheurs, qui se
méfient du fournisseur d’électricité, y sont opposés. Entre temps, Tepco
stocke l’eau contaminée dans des citernes. Peut-on être surpris que ces
citernes fuient (New York Times) ? De plus, Tepco admet qu’il finira
par manquer de place pour toutes ces citernes de stockage.
La gestion de
cette eau de refroidissement contaminée est devenue le problème le plus
crucial et le plus dangereux que Tepco ait eu à affronter depuis 2011.
Contexte
Selon le Japan Times (extraits): À la date du 7 mai , Tepco avait
récupéré 290 000 tonnes d’eau radioactive dans 940 énormes citernes sur
le site de la centrale, mais il en reste
94 500 tonnes dans les sous-sols des bâtiments des réacteurs et de diverses installations.
Tepco doit en permanence arroser les cœurs fondus des réacteurs 1, 2
et 3 en utilisant des systèmes de fortune pour éviter que le combustible
ne fonde et ne provoque de nouveaux incendies.
Cependant, les enceintes de confinement des cœurs ont été endommagées
par la fusion, ce qui a permis à l’eau de refroidissement hautement
radioactive de fuir et de s’infiltrer dans les sous-sols. Les taux
élevés de radioactivité ont empêché les ouvriers de s’approcher
suffisamment pour inspecter correctement les dégâts, sans parler de
démarrer la procédure de démantèlement.
Pour tout compliquer, 400 tonnes d’eaux souterraines pénètrent
également quotidiennement dans les sous-sols des bâtiments endommagés
par le tsunami et les explosions, se mélangeant aux fuites d’eau de
refroidissement.
Tepco a utilisé un système de recyclage pour assécher les sous-sols.
Ce système est supposé extraire le césium avant de remettre l’eau en
circulation dans les réacteurs. Mais la menace est encore exacerbée par
l’afflux des eaux souterraines.
Tout ce que Tepco a été capable de faire a été de construire
davantage de citernes de stockage. Quels problèmes toute cette eau
peut-elle provoquer ?
Selon Tepco, il y a une limite au nombre de citernes qui peuvent être
installées avant que le site ne manque d’espace de stockage.
Tepco a affirmé pouvoir augmenter la capacité de stockage de 430 000
tonnes cette année à 700 000 d’ici la mi-2015, en abattant une forêt et
en faisant de la place dans l’enceinte de la centrale. Cette façon de
faire est censée lui procurer un répit de trois ans.
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